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Un article pensé et écrit par Clémence Dubois Texereau

En ce mois de mars, Toulouscope quitte un peu la ville rose pour aller au Japon. Et pour cause : nous commémorons cette année les 9 ans de la catastrophe de Fukushima. Alors quel lien y a-t-il entre le Japon et Toulouse ? Eva Kopp, le voilà le lien. La Toulousaine a décidé suite au tsunami d’écrire son premier roman L’enfant du tsunami. Un livre où les destins se mêlent et où il faut apprendre à vivre, revivre, survivre notamment face à la peur de ceux qui viennent de Fukushima, des risques qu’ils peuvent potentiellement représenter et puis il faut aussi se reconstruire avec des traumatismes parfois enfouis. Enfin, il y a cette écriture paisible, presque apaisante, tout en évoquant des choses dramatiques qui chez Toulouscope nous a franchement rappelé certains auteurs japonais. Bref, autant d’éléments qui nous ont donné envie de vous proposer un portrait de cette Toulousaine pour évoquer son roman paru en juin 2018 mais aussi les prochains à venir …

 

Eva, le Japon et L’enfant du tsunami

L’enfant du tsunami est votre premier roman : comment vous êtes-vous mise à l’écriture ?

 Après un choc. La veille du 11 mars 2011, j’ai rêvé d’une vague monstrueuse qui dévastait tout sur son passage. À mon réveil, en allumant la télévision j’ai découvert que l’enfer venait de s’abattre sur Fukushima : le séisme de magnitude 9, le tsunami et la catastrophe nucléaire. J’ai été ébranlée. Ce n’était pas nécessairement un rêve prémonitoire. Peut-être que mon inconscient voulait juste m’indiquer que j’étais dans une situation où j’étais submergée par les éléments. Toujours est-il que voir ces images a eu un écho en moi que je ne soupçonnais pas. J’ai été très émue, touchée comme on peut l’être par la détresse d’un ami ou d’un membre de sa famille alors que des continents entiers vous séparent. Rapidement, l’écriture s’est imposée. Ce n’était pas un désir, c’était un besoin viscéral de mettre en mots. 

 

Dans le roman on retrouve beaucoup d’éléments historiques, il a donc fallu se documenter…

 Si mon roman est une fiction, il reste basé sur des événements historiques. Il y a des personnages publics et connus dont les noms ont été gardés comme le patineur Yuzuru Hanyu. Je ne voulais pas les trahir. Je tenais notamment à honorer la mémoire du directeur de la centrale nucléaire de Fukushima, Masao Yoshida, qui avec son équipe, a sacrifié sa vie pour sauver le Japon. Des années de documentation, de rencontres, de lecture pour donner de la légitimité à ce regard singulier que je pose sur le Japon.

 

On en parlait en début d’article, on retrouve une sorte d’apaisement propre à la littérature japonaise et un sens de la description prononcé, y a-t-il une réelle passion pour l’écriture japonaise ?

Il me semble que la littérature japonaise a, de manière générale, plus de facilité à explorer le monde intérieur et son fragile équilibre dans son écho avec « la vie extérieure ». J’ai beaucoup d’admiration pour l’écriture de Haruki Murakami. Sa narration débute toujours sur des éléments très concrets avant de faire basculer le lecteur dans le monde de l’inconscient, du fantastique et des rêves. J’y fais d’ailleurs référence dans L’enfant du tsunami. Une autre auteure me transporte : Aki Shimazaki.  Née au Japon et amoureuse de la langue française, elle réussit la prouesse d’écrire en Français. Chacun de ses romans est très court. Le style est concis. Chaque mot est pensé, pesé et soupesé. Du travail d’orfèvre.

 

Eva et…Toulouse

On parle pas mal du Japon, mais y a t-il une volonté un jour d’écrire un roman avec une intrigue à Toulouse ?

 Oui ! Il est déjà écrit…Six ans bientôt que je vis à Toulouse, cette ville que j’aime tant. C’est donc tout naturellement que je lui rends hommage en en faisant le décor de mon second roman… Et j’ai la joie de vous annoncer qu’il paraîtra en septembre 2020 chez The Menthol House (www.the-menthol-house.com) dans la collection Orties. Vous êtes les premiers à l’apprendre ! Ce roman est bien différent du premier, tant sur la structure que sur le fond. C’est l’histoire d’une Toulousaine trentenaire qui, suite à un événement bouleversant, décide de partir à la recherche de son père qui l’a abandonnée enfant. Elle découvre qu’il a refait sa vie à quelques kilomètres de là…


Pour Eva Kopp, Toulouse c’est…

Un lieu pour écrire ? Chez moi, devant mon ordinateur avec une tablette de chocolat à proximité, une tasse de thé japonais de chez Saveurs et Harmonie et de la musique en fond pour m’aider à m’abstraire.

Un lieu pour lire ? Partout ! Dans un des très nombreux salons de thé toulousains, assise au bord de la Garonne, du Canal du Midi, au Jardin des plantes, allongée dans le canapé avec le chat qui ronronne sur mon ventre…

Pain au chocolat ou chocolatine ? Cho-co-la-tine ! Boudu !

Une expression toulousaine ? « C’est le pompon sur la Garonne ! »

Un resto ? Les restaurants au premier étage du marché Victor-Hugo ! Je les ai tous testés, ils sont tous bons ! Impossible de choisir.

Une spécialité culinaire toulousaine ? Le Mojito ! Comment cela, ce n’est pas toulousain ? (rires)

 

L’univers d’Eva et ses projets

Un deuxième roman en septembre donc et sinon il y a d’autres projets à venir ?

 Oui ! Plein ! Trop ! Mon imagination fonctionne à plein régime et le temps me manque parfois. Un livre jeunesse à paraître au prochain trimestre, un roman jeunesse en 2021. Je travaille actuellement sur la structure de mon troisième roman et j’aimerai faire un court-métrage en stop-motion.

Découvrir Eva et son univers littéraire sur sa page Facebook

Eva_Kopp_Toulouscope

 

La thématique du Japon, vous intéresse ?

Allez donc vous plonger dans notre article « Le Japon à Toulouse » ! Gastronomie, culture, événements…un concentré du meilleur du Japon dans la ville rose !

Le Japon à Toulouse (1)

Merci à notre chroniqueuse littéraire Clémence Dubois Texereau ! Pour découvrir son univers et suivre ses conseils lecture, c’est par ici !