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Un article pensé et rédigé par notre chroniqueuse littéraire, Eva Kopp.

 

Et si la science-fiction permettait de prendre de la hauteur pour appréhender plus justement nos interactions sociales et voir au-delà des conditionnements ? De la science-fiction à la sociologie et à la philosophie, il n’y a qu’une page que Claudine Candat s’empresse de nous faire tourner. Libre-arbitre, castes, racisme, croyances… Une lecture qui fait écho aux problématiques actuelles…

   poussière de sable POUSSIÈRE DE SABLE
L’ÉPOPÉE EUSKALIENNE
Écrit par Claudine Candat
RROYZZ Éditions
ISBN-10 : 236372190X
ISBN-13 : 978-2363721907
17€

 

« Poussière de Sable », embarquement immédiat pour « l’épopée Euskalienne »

Lorsque le grand maître ès suggestion Iradok quitte Euskala à bord d’un vaisseau piloté par Izarra, la navigatrice qu’il convoite, il est loin de deviner que rien ne se passera comme il l’avait planifié. Le navire transporte, à l’abri d’un stabilisateur du temps, un vivarium de jeunes gogorkis issus du troupeau. Les euskaliens, de grands oiseaux aux pouvoirs psy, ont en effet asservi ces primates au moyen de la religion. Ainsi tirent-ils du sol la précieuse silice fluidique, génératrice de lumière. Sans elle, la planète rongée par un crépuscule perpétuel ne pourrait survivre. Euskala pillée, la Quête de silice fluidique jette les euskaliens sur des routes intergalactiques semées de tunnels spatio-temporels. Objectif : soumettre les exo-espèces aux exigences de la Quête. Lorsque Sagar, gogorki de compagnie nanti de capacités psychiques, atterrit dans le troupeau, il prend conscience des aberrations du vivarium et cherche à déjouer les pièges de la Suggestion. De même, Izarra la Grande, confrontée à toutes les convoitises, et Agoun, le mousse rebelle, luttent pour sauver leurs plumes. À l’intérieur du cristal-témoin, euskaliens et gogorkis posent sur l’autre un regard qui fait vaciller toutes leurs certitudes. Quand le doute met son grain de sable, les rouages de la Quête se grippent. Que vaut en effet une cargaison de silice fluidique face à l’étincelle de l’Amour unique ?

 

 

De la science-fiction à la philosophie

poussière de sableEt si la science-fiction permettait de prendre de la hauteur pour appréhender plus justement nos interactions sociales et voir au-delà des conditionnements ?

C’est l’une des questions que l’on peut se poser en refermant  » Poussière de Sable « .

Genre injustement relégué à la littérature de seconde zone, la science-fiction décloisonne l’imaginaire et offre un voyage surprenant aux horizons insoupçonnés… Si tant est que l’on accepte de perdre pied dans ses raisonnements et de se laisser guider par l’auteur.

Mais où donc Claudine Candat puise-t-elle son imagination ?

Un univers entier a été pensé et crée dans ses moindres détails.

Un univers si différent et pourtant si similaire qu’il en donne le vertige.

De la science-fiction à la sociologie et à la philosophie, il n’y a qu’une page que Claudine Candat s’empresse de nous faire tourner.

Libre-arbitre, castes, racisme, croyances…

Une lecture qui fait écho aux problématiques actuelles…

poussière de sable

© CLAUDINE CANDAT

Entretien avec Claudine Candat

Comment est né « Poussière de sable, l’épopée euskalienne »

CC : Pendant des années, quand j’allais mal et essayais en vain de m’endormir je m’inventais des scenarios pour supporter le quotidien : Je me rêvais entre autre en voyageuse temporelle venue du futur qu’une autre existence attendait. Ma mère m’a suggéré d’écrire ces histoires. Pour mon premier essai, j’ai choisi de mettre en scène la confrontation de deux espèces extraterrestres personnifiant l’une pour l’autre l’étrangeté et l’altérité.

Il y a des sonorités basques dans le titre…

CC : Gogorkis, somoraks, makila, ce sont bien des mots basques que certains de mes lecteurs ont reconnus. Très vite, en commençant « Poussière de sable », je me suis demandé quel vocabulaire employer pour donner ce qui tient lieu de parole à des aliens qui s’expriment à travers des gaz colorés. Justement on venait de m’offrir un livre sur les légendes peuls. Impossible d’y rentrer… Peu après je suis tombée sur l’hypothèse que les Basques seraient un peuple protohistorique ayant survécu à la dernière glaciation. Je me suis dit que cette référence culturelle était plus proche de nous et me suis souvenue de mes origines maternelles et des mots basques que prononçait ma grand-mère. J’ai acheté un dictionnaire franco-basque. Quand il a été question de nommer mon grand maître ès Suggestion, j’ai inventé un mot pour désigner cette personnalité centrale : Iradoki. Plus tard, pour voir si ce mot avait un sens, la curiosité m’a poussé à le chercher dans le dictionnaire. Et j’ai manqué tomber à la renverse. Iradoki non seulement y figure mais sa signification correspond au-delà de ce que je pouvais imaginer à l’idée que je voulais lui donner. Iradoki signifie en basque… suggérer. Je pouvais tout imaginer à propos de la vivacité de ma culture basque inconsciente.

Pour vous, écrire c’est …

CC : Une vocation contractée dès le CP, quand j’ai commencé à savoir écrire. J’entendais parler de Françoise Sagan et je savais que je voulais devenir écrivain, un mot si beau que je n’ose me l’attribuer et encore moins le défigurer avec un e à la fin. Romancière, c’est tellement plus commode à mettre au féminin !

poussière de sable

© CLAUDINE CANDAT

Comment écrivez-vous ?

CC : Les idées, c’est tout le temps et en tout lieu, ça ne se convoque pas et ça joue les filles de l’air. Plus on en a, plus il en vient. Pour ne pas les laisser s’envoler, je les fixe sur un cahier, comme des papillons. J’y jette les détails et le développement du récit. Je rédige directement sur le clavier. Je n’imprime jamais, je me relis sur tablette.

Un rituel d’auteure ?

CC : Quand j’ai l’idée d’écrire un roman, je lis des documentaires sur le sujet mais aussi des œuvres de fiction avec, toujours en tête, la question : qu’est-ce que moi, Claudine Candat, je peux apporter de neuf ?

Le gueuloir, comme Flaubert, quoique sans public et sans l’ambiance enfumée du café.

Il y a des romans qui laissent une empreinte. Y a-t-il un livre qui vous influence au quotidien ?

CC : J’ai été très ébranlée par la lecture de l’œuvre de Philip K. Dick (Ubik pour n’en citer qu’un), à mon sens un génie qui a ouvert des perspectives vertigineuses sur notre perception du réel. Et s’il était préfabriqué ?

Un prochain roman à venir ?  

CC : un roman historique et un thriller psychologique achevés et qui chercheront un éditeur. Avant la crise inouïe qui ne fait que commencer, les trois autres livres de « Poussière de sable », après « L’épopée euskalienne », devaient paraître chez Rroyzz éditions. Je suis en train de terminer un roman de science-fiction.

Une question que vous aimeriez qu’on vous pose ?

CC : Pourquoi écrivez-vous ? Afin que je puisse répondre : non pour le plaisir d’aligner de belles phrases, mais pour raconter une histoire incarnée dans des personnages.

 

 

illustration-toulouse

© Kristel Riethmuller

Ô Toulouse

Toulouse c’est : Tout simplement ma ville, quelles que soient ses métamorphoses.
Un mot : macarel

Une émotion : Se pencher au petit matin à la fenêtre d’un train de nuit avec la perspective de poser dans moins d’une demi-heure le pied sur le quai de Matabiau.

Un souvenir : Le bus 148 d’avant le métro qui m’amenait tous les jours de la place du Capitole à la fac du Mirail, traversait la ville et des friches qui n’existent plus.

Un lieu : Le quartier de la Colonne sur les hauteurs de Jolimont où fit rage la bataille de Toulouse du 10 avril 1814 alors que Napoléon avait déjà perdu la guerre.

Un restaurant : La tantina de la playa et ses spécialités de poissons. Les restaurants et les cafés m’ont tellement manqué !

Un plat : Le rôti de porc en cocotte, bardé d’ail, au milieu des frites et des oignons cuits dans son jus, comme le faisait ma maman.

Un coup de cœur : la villa mauresque du musée Georges-Labit et son jardin exotique, une perle rose dans un écrin verdoyant.

Une phrase : … Sur le brouillard de Garonne

 

Illustration Kristel Riethmuller

Kristel Riethmuller

 

Dédicaces à venir :

– Agenda chamboulé qui ne demande qu’à s’allonger.

Fête du livre de Réalmont dans le Tarn : dimanche 25 septembre

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Chronique et propos recueillis par Eva Kopp