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Aujourd’hui, c’est le roman Rubiel e(s)t moi du talentueux toulousain Vincent Lahouze que notre chroniqueuse littéraire, Eva, vous invite à découvrir !

Au boudu livre

Vincent Lahouze, c’est une plume fiévreuse et essoufflée.

De celles qui créent un pont en mots jusqu’à votre cœur.

De celles qui laissent des émotions dans leur sillage.

On y devine une personnalité entière.

On y devine l’audace des timides et des hypersensibles.

Vincent Lahouze, c’est aussi celui qui, en 2016, s’indigne de cette scène tristement ordinaire de harcèlement dans le métro toulousain.

Il balance le porc avant l’affaire Weinstein

Un post sur Facebook et c’est le buzz.

Avec La une du Huffingtonpost 

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Vincent a alors 27 ans, la plume déjà affirmée par l’écriture de deux ebooks.

Il ne le sait peut-être pas encore mais il porte en lui l’essence de son vrai premier roman.

Celui qui fera de lui un auteur, celui qui va participer à son identité.

Un roman aux multiples lectures : « une autobiographie fictive, avec des bouts de réels » : RUBIEL E(S)T MOI

Au boudu livre

RUBIEL E(S)T MOI

Ecrit par Vincent Lahouze
Aux Éditions Michel Lafon
ISBN 2749934729
267 pages

 

Qui est Vincent Lahouze ?

« Je suis né en Colombie, à la fin de l’année 1987, mais je n’ai commencé à vivre qu’en 1991. »

Rubiel est né à Medellin en Colombie. Sa mère, « l’Ephémère », décède quelques mois après sa naissance. Abandonné par son père, rejeté par sa famille, Rubiel grandit sous le regard attentif des nourrices de l’orphelinat, à l’abri de la rue de tous les dangers, de la rue qui dévore les plus fragiles pour ne recracher que la poudre et les balles.

À quatre ans, il est adopté par un couple de Français qui le rebaptise Vincent. Vincent, du latin Vincentius. Celui qui vaincra.

Vincent Lahouze grandit dans le Lot auprès de la « Merveilleuse » qui ne l’a « pas porté dans son ventre, mais à bout de bras » et du « Repère » qui lui a tout appris.

 

 « Si je devais me souvenir d’une chose, d’une seule chose, ce serait la vision des murs gris de l’Orphelinat du Bienestar de Medellin et des portes qui claquaient lorsque nous courions dans les couloirs, le bruit sourd de mes pieds nus sur le parquet de bois délavé et poussiéreux. Oui, d’aussi loin que je me souvienne, la couleur n’existait pas.

 

Rubiel e(s)t moi est une expérience littéraire où l’auteur crée sa légende personnelle

Le temps est dissout. Les réalités se chevauchent. Le conscient et l’inconscient se tutoient et nous entraînent dans le reflet de son miroir. Le titre est une piste précieuse dans ce dédale de la mémoire et de l’imagination. Parfois, l’amour des mots est si vif que les figures de rhétorique alourdissent certains passages. Mais l’émotion est là, toujours.

Vincent Lahouze c’est le cœur au bord des mots, c’est un style à part entière.

« J’écris pour ne pas hurler en pleine nuit et réveiller le monde entier.

Voilà, c’est ça, écrire ou mourir. »

 

La Colombie, Medellin, un orphelinat et deux frères de cœur.

Rubiel et Federico ont 4 ans.

Federico est adopté par une famille française. Il laisse derrière lui son lapin en peluche, vestige de sa présence, et Rubiel, inconsolable.

Vivant le départ de Federico comme un second abandon, Rubiel ne veut plus attendre son adoption, il décide de s’enfuir pour tracer lui-même son destin…

Difficile d’en dire plus sans en dévoiler l’intrigue.

Vous allez sourire, vous allez pleurer, vous allez trembler pour Rubiel et Federico…

 

RUBIEL E(S)T MOI, le clip vidéo

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A découvrir dans toutes les bonnes librairies de Toulouse et d’ailleurs !

 

Entretien avec Vincent Lahouze – Rubiel e(s)t moi

 

Pour vous, écrire c’est …
VL : Devenir Immortel.

 

De textes engagés sur les réseaux sociaux au roman, quel a été le déclic ?
VL : La succession d’échecs sentimentaux, cette sensation de ne jamais bien faire les choses m’ont poussé à une véritable introspection. Je me suis rendu compte que je n’avais jamais cessé d’écrire sur moi, constamment sur moi, mais sans jamais me rencontrer. Il était temps de le faire.

 

Comment écrivez-vous ?
VL : J’écris à l’instinct, à l’instant. J’écris quand le besoin devient urgent, voire vital. Pour ce roman, je n’avais pas vraiment de plan, mais des bouts de moi un peu partout, en puzzle, que j’ai reconstruit peu à peu. Je me suis laissé entraîner par l’intrigue, par le vécu de mes personnages.

 

Un rituel d’auteur ?
VL : J’écris surtout la nuit, avec du thé vert et de la musique classique. C’est très cliché mais c’est vrai.

 

Comment est né Rubiel e(s)t moi ?
VL : Pour être honnête, je ne sais plus à quel moment j’ai décidé d’écrire un roman, de l’appeler Rubiel e(s)t Moi. Mais je me rappelle seulement que le titre s’est imposé à moi et qu’il m’était impossible de le changer.

 

Est-il juste de dire que vous êtes né trois fois :  la première fois en 1987, la deuxième fois en 1991 en étant adopté et la troisième fois en 2018 avec ce roman ?
VL : Oui et non… Je pense que je suis né de nombreuses autres fois. Après mon accident de voiture, après des ruptures importantes, des déménagements, quand je serai père… On naît chaque jour.

 

Donner des clefs dans le titre, un pari risqué…
VL : Au contraire, je ne voulais pas perdre les lectrices et les lecteurs. Et puis, c’est lorsqu’on donne la solution la plus évidente que souvent on ne la voit pas. Bon nombre de personnes n’avaient pas compris toute la symbolique du titre 😉

Vous présentez Rubiel e(s)t moi comme une « autobiographie fictive, avec des bouts de réel », quelles limites vous êtes-vous imposées, fixées dans l’écriture ?
VL : Il n’y a eu aucune limite, l’idée était de se laisser porter et de remonter le temps, de dérouler le fil de ma vie, de ma double identité.

 

Comment ont réagi vos parents à la lecture de ce roman ?
VL : Ils ont bien réagi, même s’il n’a pas été facile d’apprendre certaines choses que je n’avais jamais évoquées avec eux.

 

Il y a des romans qui laissent une empreinte. Y a-t-il un livre qui vous influence au quotidien ?
VL : Beaucoup de romans m’ont marqué à vie mais celui qui m’a le plus influencé est Le Petit Prince, sans aucune hésitation. (À égalité avec Peter Pan)

 

Un prochain roman à venir ?
VL : Exact ! Un second roman est en cours d’écriture, bien que je ne puisse en parler davantage, je peux simplement dire que ce ne sera pas un Rubiel e(s)t Moi 2. 

 

D’autres projets créatifs en vue ?
VL : Je suis quelqu’un qui aime créer, constamment. Actuellement, j’ai des envies de composer des chansons et de les chanter en duo avec ma compagne. Mais j’ai également envie de me remettre au théâtre, à l’art audio-visuel…

 

Ô Toulouse

Toulouse c’est …

Tout simplement : LA VILLE ROSE
Un mot : CHOCOLATINE
Une émotion : La place du Capitole noire de monde le soir des attentats de Charlie Hebdo.
Un souvenir : Les nombreuses nuits blanches sur les quais de la Daurade quand j’étais plus jeune
Un lieu : Le Bikini
Un restaurant : Les Fils à maman !
Un coup de cœur : Le quartier où je travaille, Bagatelle
Une phrase : « Ici, même les mémés aiment la castagne »

 

Chronique et propos recueillis par Eva Kopp

Crédit photo : Vincent Lahouze