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Un article pensé et rédigé par notre chroniqueuse littéraire, Eva Kopp.

 

Et si on emportait un peu de Toulouse en vacances avec le roman Cher bonheur, j’ai pris la liberté de t’écrire. Dépêche-toi de répondre… ? L’auteure toulousaine Virginie Lloyd signe une deuxième œuvre, et c’est bon pour le moral ! #roman feel good !

CHER BONHEUR J’AI PRIS LA LIBERTÉ DE T’ÉCRIRE.
DÉPÊCHE-TOI DE RÉPONDRE…

Écrit par Virginie Lloyd
Auto-édition
0,99€ format Kindle

(Les ebooks sont à 0.99€ jusqu’au 31 août. Après ils repasseront à 2.99€.)
12,99€ en broché

 

Augustin est autiste et ça le gonfle ! Comme les chewing-gums collés sur les trottoirs, l’odeur de patchouli de sa voisine, le mensonge et le boucan des rues. Il aime les anecdotes, les framboises et la douce caresse des boîtes aux lettres sur ses mains. Victor n’aime pas les flingues et les portes fermées à clé. Il adore le café, la rosée du matin et la musique des années 80. L’un rêve de devenir champion du monde de Air Guitar. L’autre… qu’on lui foute la paix, lui et son jardin potager. Mais, au 7, rue Lamartine, tous les deux ont une vieille habitude : squatter le hall de l’immeuble !

Un garçon pas tout à fait comme les autres. Un ancien taulard qui veut se faire oublier. Et deux rêves de liberté qui vont devoir cohabiter…

Et si la différence était la clé du bonheur ?

 

L’émotion au fil des pages

Une amitié improbable qui se tisse en silence et avec pudeur,
des personnages blessés aux sensibilités exacerbées,
des solitudes qui se rencontrent et se font écho dans un jeu de miroir inattendu…

Cher bonheur, j’ai pris la liberté de t’écrire. Dépêche-toi de répondre… est une ode à la différence, un roman léger bien plus profond qu’il n’y laisse paraître… La fantaisie, l’humour et la plume pétillante de Virginie Lloyd y délivrent un précieux message de tolérance.

Un roman-doudou pour faire le plein d’ondes positives… « Happy-tittude sur 20 »

 

Extrait

« On dit qu’il faut avancer dans la vie, qu’il faut aller de l’avant. Et si le véritable bonheur était de rester bien ancré dans le sol, à observer les nœuds de ses profondes racines et à accepter ces douloureuses ramifications qui nous ont fait grandir ?

Il est temps pour Victor d’accepter son passé. Il est temps qu’il se réjouisse du vent des beaux jours. »

« Augustin adore taquiner son psy. Rien de bien méchant. Il a même un peu de peine pour lui. Il se dit que petit, peut-être, on ne lui racontait pas assez d’histoires du soir. Et que ça explique pourquoi, aujourd’hui, il passe son temps à écouter celles des autres. »

« – Tiens, regarde Augustin, sur la table du fond il y a des dossiers colorés. Tu pourrais peut-être me les classer ? Qu’en dis-tu ?

– Par ordre alphabétique ? Par couleur ? Par épaisseur ? Par odeur ? Par usure ?

Le professeur esquisse un sourire, passe la main dans ses cheveux gras et gratte sa barbe de prof usé.

– Par ordre alphabétique, ce serait génial. Augustin obéit et se demande encore une fois si son prof l’apprécie vraiment ou s’il l’exploite discrètement. Augustin a l’habitude de ces paroles prostituées qui vous offrent un peu de plaisir, mais qui vous demanderont toujours un prix à payer. »

* « La douleur d’une mère se tait toujours quand hurle celle de son enfant. »

 

© Virgine Lloyd

© Virgine Lloyd

« Écrivain, voyageuse, geek, encore sous garantie, je suis une optimiste »

 

Entretien avec Virigine Lloyd

Virginie Lloyd, auteure indépendante, a fait le choix de l’autoédition qu’elle revendique avec fierté. Ses romans cumulent les chroniques dithyrambiques et figurent régulièrement, dans leurs thèmes, parmi les meilleures ventes d’Amazon.

Comment est né Cher bonheur, j’ai pris la liberté de t’écrire. Dépêche-toi de répondre… ?

Grâce à mon fiston ! Il est entré un jour dans mon bureau et m’a dit : « Maman, ça te dirait d’écrire un livre sur un autiste ? Mais genre, un autiste normal ? Pas le gars qui a écrit une symphonie à 4 ans ou qui a le syndrome du génie. Juste un ado option Asperger »

« Normal« . Ce mot m’a percutée en plein cœur. Voyez-vous, la normalité est un drôle de combat. Les personnes qui sont cataloguées « différentes » luttent pour rentrer dans le moule et celles dites « normales » rêvent d’en sortir. Et si on essayait juste de rester soi-même ? Tout simplement. C’est ce que mon fiston s’efforce de faire chaque jour. Alors, j’ai ressorti tous les agendas sur lesquels j’avais noté ses mots, ses réflexions, ses attitudes. 10 ans de souvenirs. De quoi faire un roman. Alors, HOP ! Je me suis lancée.

Hormis la rencontre avec Victor qui est fictive (même si Victor existe vraiment), tout est basé sur la p’tite vie bien remplie de mon fiston. Un p’tit gars pas tout à fait comme les autres, et pourtant… Voilà comment est venue l’idée d’écrire ce roman.

Comment a réagi votre fils à la lecture du roman ?

VL : Il a lu des passages. Il ne peut pas le lire en entier. C’est trop dur, trop fort pour lui. Il est trop sensible, il a trop d’empathie et est submergé par l’émotion. Mais il est heureux que ce roman existe ! C’est une chance de parler de sa différence qui n’est pas une différence. D’ailleurs, lors des salons du livre, c’est mon attaché presse (elle éclate de rires). Il va vers les lectrices, les lecteurs et fait la promotion du roman. Lorsque ceux qui ont lu le livre viennent vers moi et me disent «Dites à votre petit Augustin qu’il est génial », il est heureux d’entendre cela.

Peut-on dire que votre roman est une déclaration d’amour à votre fils ?

Hum… Je dirai plutôt que mon fils m’a fait une déclaration d’amour à la vie. Il m’a éveillée, ouvert les yeux.

Le titre n’est pas trop court ? (Rires)

J’adore ce titre ! Bon, ok, lorsqu’il faut le « hashtaguer », c’est la galère ! Disons que trouver un titre est assez difficile. Et je voulais que ça reflète l’esprit de mes deux personnages principaux. Ce titre, c’est une conversation, un questionnement, une urgence et une touche de tendresse. Et lorsque l’on lit le roman, on comprend mieux le sens du titre.

Le personnage d’Augustin, jeune adolescent autiste, est formidablement attachant…

Oui ! Augustin est un jeune ado qui vit dans son monde. Il est autiste, certes, mais il est surtout un adolescent qui rêve qu’on lui foute la paix. Augustin n’est pas tout à fait comme les autres. On le met dans une case à part d’un point de vue social et médical et pourtant, ô combien il nous ressemble ! En écrivant ce roman, je ne voulais pas faire le témoignage façon pathos d’un jeune autiste mal dans sa peau et qui se bat pour se faire sa place. Non ! Ici, Augustin est un gamin qui cherche son identité comme tous les gosses de son âge.

Et puis, il y a Victor, son voisin. Cet ancien taulard qui, lui aussi, cherche sa place dans la société.

Si Augustin est attachant, c’est parce qu’il a sa façon à lui de voir le monde. Sa manière de marcher, de toucher les choses, le monde et les cœurs, ça ne peut pas vous laisser indifférent.

Comment Toulouse s’est-elle imposée comme décor de l’action ?

Toulouse est la ville autour de laquelle gravite l’univers d’Augustin. Augustin y est né, il y a grandi et il y cherche sa place. Et d’un point de vue littéraire, Toulouse est tellement inspirante ! Vive Toulouse !

Pourquoi avoir fait le choix de l’autoédition plutôt qu’une publication par une maison d’édition « traditionnelle » ?

J’ai grandi dans une famille d’ouvriers et j’ai bossé 20 ans dans la Presse comme Reporter indépendante, alors il était tout naturel pour moi de continuer dans cette lignée. Être indépendante et bosser dur, c’est dans mon ADN. J’aime ça ! Découvrir ses capacités, apprendre de ses limites, innover, travailler à son rythme, être créatif, c’est génial ! il serait bien dommage de se priver de cette liberté. Non pas qu’en maison d’édition, tout cela disparaisse, loin de là. Mais, je pense qu’il est important de savoir ce que l’on a dans le ventre, de se donner comme défi de réussir quelque chose par soi-même. Ce qui ne m’empêche pas de m’intéresser à l’édition traditionnelle. Elle a aussi son lot de secrets et de merveilles à découvrir. Ça me brancherait bien d’être auteure indépendante et éditée. J’y réfléchis…

J’aimerais juste rebondir sur un élément. J’ai un peu de mal avec la formulation « auteur auto-édité ». C’est bizarre de mettre en avant le statut d’un métier. Oui, « auto-édité », c’est juste le statut de l’auteur, rien d’autre ! Imaginez que l’on dise ça pour les autres corps de métiers. Ça ne viendrait à l’esprit de personne de qualifier systématiquement son boulanger, son dentiste ou son infirmier d’auto-entrepreneur. Genre : « J’achète mon pain chez mon boulanger auto-entrepreneur, et toi ? ». On se fiche de savoir si le pain, les croissants ou la bonne tarte aux fraises sont faites par un employé ou un gars à son compte. Tant qu’on se régale ! Alors, ça m’intrigue cette habitude de parler d’auteurs auto-édités. Nous sommes auteurs, voilà tout.

Vous avez reçu le prix du jury d’Amazon au salon du livre de Paris en 2019 pour votre premier roman Quitte à tuer autant le faire dans l’ordre. Cela a-t-il modifié votre manière d’aborder l’auto-édition et l’écriture ?

Pour moi, ce prix a été l’occasion de rencontrer des Jurés, des auteurs (confirmés ou en devenir), d’affiner mon réseau, de découvrir les coulisses de l’édition indépendante et de sortir le Champomy !

Concernant l’écriture, ça n’a rien changé du tout. Ça motive, certes ! ça fait du bien au moral, surtout quand on est une jeune auteure qui sort son 1er roman, mais c’est juste un prix parmi tant d’autres. Le vrai prix est celui que nous offrent nos lecteurs lorsqu’ils nous disent qu’ils aiment nos livres.

Pour vous, écrire c’est …

Écrire, c’est plein de choses à la fois. Une liberté, celle de donner son avis sur le monde et de crier des injustices. Une chance, celle de partager des émotions, de faire rire, d’émouvoir, de questionner. Une magie, celle de transformer les mots en histoires. Écrire, c’est une drogue. Douce, dure, paisible, tortueuse, fragile, instinctive, réfléchie, percutante, silencieuse, solitaire… légitime.

Comment écrivez-vous ?

Généralement, pendant environ 3-4 mois, je me plonge dans une série de recherches. Je peaufine le sujet. J’ai des tas de favoris dans mon PC, des notes sur mon carnet et une horde de Post-it collés sur la fenêtre de mon bureau. Puis, je plonge dans l’écriture. Chaque matin, dès 5h, j’écris. En musique, le casque vissé sur les oreilles. Jusqu’à 10h, grand max. Après, je n’arrive plus à me concentrer. L’après-midi est consacrée aux réseaux sociaux, à la lecture, à ma vie de maman et de femme.

Au cours de l’écriture, je fais appel à mes supers bêta-lecteurs qui vont lire mon texte avant publication et me donner leur avis. C’est une expérience extraordinaire ! Puis, je soumets mon roman à un ou une correctrice. Ensuite vient l’étape de la couverture, réalisée par un-e graphiste et hop ! on publie ! Yihaaa !

Un rituel d’auteure ?

Oui ! J’ai des manies d’auteure ! Avant d’écrire, je lis toujours de la poésie. C’est très inspirant et apaisant. Puis, je regarde les cadres de « citations » qui sont accrochés dans mon bureau, ça motive. Il me faut aussi de vieux livres autour de moi et une bonne verveine ! J’ai aussi le « Ctrl+S » assez sensible ! Toujours ce réflexe d’enregistrer mon travail. Et puis, les jours de dédicaces, il me faut un Nuts à grignoter et je porte toujours sur moi quelque chose à carreaux. On est sacrément allumé, nous, les auteurs, non ?

Un prochain roman à venir ?  

Oui ! En septembre 2020 sortira « La Valse des Éphémères ». Un roman noir qui nous plonge dans le Paris du début du XXè siècle. Après deux feel-good, je m’attaque au roman noir. Encore un défi ! J’adore !

Il y a des romans qui laissent une empreinte. Y a-t-il un livre qui vous influence au quotidien ?

Je n’ai pas de livre « sacré », le genre à m’influencer quotidiennement et qui trainerait sur ma table de chevet comme un vieux pote ou un grigri. Ce serait tellement triste et limitant de s’accrocher à un seul récit. La littérature a ce pouvoir de nous faire voyager d’histoire en histoire, alors je me laisse guider. Parfois, un livre me revient à l’esprit, parfois certains me hantent, d’autres m’éveillent, me secouent, me séduisent. Mais, pas un seul en particulier. Il y a toujours un livre que l’on est sur le point de découvrir et qui va changer la donne ! Alors si je devais choisir, je dirais : « ce livre que je n’ai pas encore lu ».

Une question que vous aimeriez qu’on vous pose ?

Lorsque l’on vous pose une question, cela crée immédiatement chez vous, une série de réactions. Vous vous sentez surpris, gêné, ému, déstabilisé, curieux, heureux… Prévoir une question serait tuer ce bonheur !

 

Retrouvez la bande-annonce et le résumé  du prochain livre de Virginie Lloyd La Valse des Éphémères

© Kristel Riethmuller

Ô Toulouse

Toulouse c’est : Une émotion : exister !

Un souvenir : ce baiser sur ses lèvres.

Un lieu : Le Musée des Augustins.

Un restaurant : Je suis très Street-food. J’adore manger en me baladant ou assise sur un banc. Je n’ai donc pas vraiment de resto préféré, même si j’adore les salades du Café des Plumes, les burgers de Big Fernand et les orangeades des vendeurs ambulants.

Un plat : Le succulent Haggis de chez « The Hopscotch Pub & Brewery« . Le bonheur écossais en plein cœur de Toulouse.

Un coup de cœur : J’en ai plusieurs. J’adore ces vieilles ruelles qui serpentent la ville et ces cours intérieures qui renferment de magnifiques secrets.

Une phrase : « Pain au chocolaaaaat !» Non, je déconne ! J’aime beaucoup la citation d’Oscar Wilde : « Soyez vous-même, les autres sont déjà pris ».

 

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© Kristel Riethmuller

Dédicaces à venir

– Cette année, suite au covid, beaucoup de dédicaces et salons auxquels je devais participer ont été annulés. (Salon du Livre de Paris, Polar entre-deux-mers…). Néanmoins, je serai le 20 septembre 2020, au Salon des Auteurs Indépendants de Montolieu (11). Le célèbre village des livres avec ses 16 librairies ! Puis, je l’espère, comme l’an dernier, La Foire du Livre de Brive, en novembre. Entre-temps, des dédicaces sont prévues en librairies. On croise les doigts !

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Chronique et propos recueillis par Eva Kopp