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Un article pensé et rédigé par notre chroniqueuse littéraire, Eva Kopp.

 

Karine Sayagh Satragno est chroniqueuse Mode et Culture et romancière. Les deux premiers volets de la Saga Sœurs décrivent les aventures amoureuses et les crises identitaires d’une famille de cinq sœurs.

Nous y avons alors découvert une sensibilité à fleur de peau qui s’exprime avec talent. C’est avec grand plaisir que nous retrouvons sa plume dans Confinée dans la dentelle.


CONFINÉE DANS LA DENTELLE
écrit par Karine Sayagh-Satragno
illustré par Justine Roussel
Yucca Editions 
ISBN : 979-10-94140-55-0
188 pages
17€ en broché
5,99€ en Ebook

 

Le Covid-19.

Avec un nom pareil, on pourrait croire à un titre de film de science-fiction diffusé sur Netflix. Pourtant la réalité a dépassé l’imagination des scénaristes les plus créatifs.

Depuis le mois de mars, la moitié de l’humanité a été confinée.

Solitude, cohabitation, retrouvailles, séparation, rêves, angoisses, peur, confiance, sérénité, oisiveté, lassitude, burn-out, perte de revenus, sécurité financière, santé, maladie, mort, solidarité, trahison…

Le confinement a été autant de réalités. Sa perception a bien souvent suivi les mêmes étapes que le deuil : Le choc, déni puis la colère, la négociation avec des informations contradictoires, la dépression et la douleur et enfin le deuil d’un quotidien qui ne pourra plus être le même.

Une certitude commune : il y aura un avant et un après. Cette pandémie et ses terribles conséquences dans le monde figureront dans les livres d’Histoire.

Le temps fera son œuvre et la mémoire aura ses petits arrangements avec le vécu de chacun. Ne dit-on pas que regarder en arrière, c’est utiliser un miroir déformant ?

Voici où cet ouvrage prend toute sa valeur.

Confinée dans la dentelle est un précieux témoignage, au jour le jour, drapé de légèreté, de cette période anxiogène.

L’ouvrage débute le 15 mars, jour du premier tour des municipales et s’achève à l’approche du déconfinement.

Un journal quotidien où l’auteure à la plume pétillante, confrontée au miroir incessant de ses pensées, expose ses espoirs, ses joies, ses faiblesses et ses failles.

L’humour est de mise et l’exercice littéraire permet de donner du sens à ce qui n’en a pas ou peu.

La maladie, la mort, le couple, les femmes battues, l’écologie, la famille, la solitude, le déni, l’avenir… Autant de sujets abordés Une nécessité aux vertus cathartiques pour la toulousaine passionnée Karine Sayagh Satragno.

Pour ne pas oublier.

 

 

 

Entretien avec Karine Sayagh Satragno, auteure de Confinée dans la dentelle

©Olivier Veyret_ Foto Ollen

©Olivier Veyret_ Foto Ollen

 

* Comment vous est venue l’idée d’écrire ce journal de bord qu’est Confinée dans la dentelle ?

 

Au tout début du confinement, j’ai décidé de publier en auto édition le second tome de la saga « Sœurs », intitulé Ylana. Je me suis dit que mes lecteurs seraient contents de pouvoir poursuivre leur immersion dans l’univers des sœurs Abergel et j’ai lancé l’édition sur Amazon, puis j’ai eu l’idée de livrer les romans (le 1 et le 2) à vélo en centre-ville de Toulouse. J’avais besoin de garder un lien avec le dehors, et mon extérieur se résumait à ces brèves rencontres de « dealeuse littéraire » et à mes interventions sur les réseaux sociaux.

« Confinée dans la dentelle » est né en ligne avec des réactions instantanées, Stéphanie Chaulot de Yucca Editions lui a donné vie en corrigeant, mettant en page mes textes et les illustrations dédiées de Justine Roussel. Le 11 mai, jour du déconfinement, le livre de chroniques était disponible en ebook et en précommande. C’était un challenge de publier ce texte-témoignage en si peu de temps !

Illustration par Justine Roussel

* Confinée dans la dentelle est illustré. Les visuels apportent un peu de légèreté et de fantaisie au thème. Comment est née cette collaboration avec l’illustratrice Justine Roussel ?

J’ai rencontré Justine en février à Zanzibar. On se suivait sur les réseaux sociaux et ses dessins suscitaient quelque chose en moi. Elle a commencé à illustrer une chronique, puis une autre, et l’idée a germé. Le livre se fabriquait sous nos yeux. Notre collaboration a été très intense, on a beaucoup échangé, l’une à Toulouse, l’autre à Paris et on est arrivé à relier nos deux visions du confinement dans Confinée de la dentelle. Le recueil de chroniques est devenu un « livre-objet », on a envie de le feuilleter, de le colorier pourquoi pas ? Le trait de Justine s’y prête,  il est vif et intense.

Illustration par Justine Roussel

* Le confinement a-t-il changé votre manière d’écrire ?

Oui, très certainement, j’avais davantage de temps devant moi pour le faire surtout, de longues nuits et ce grand horizon d’incertitudes ! Le processus de « silenciation » a été essentiel pendant ce confinement, de non-silenciation devrais-je dire. J’avais décidé de ne pas me taire, d’évoquer des sujets sur lesquels on ne m’attendait pas forcément, de laisser parler mon vrai moi. Je dirais même que c’était une nécessité. Confinée mais pas muselée.

Ce qui était intéressant pour Confinée dans la dentelle, c’était de démarrer d’une idée basique, d’un podcast, d’une pensée et de pouvoir divaguer allègrement durant quelques heures, comme si j’étais en écriture automatique. J’aime beaucoup les formes courtes, c’est puissant, c’est truffé d’émotions fortes.

* (en riant) Je sais que le mot n’existe pas mais j’ai une fâcheuse tendance au néologisme.

 

* Exposer ses pensées dans un journal sans les masquer sous des personnages dans un roman est une prise de risque…

C’est vrai. J’écris des autofictions d’habitude. Là c’est un autre exercice de style, une sorte de gonzo-journalisme de confinée. Une prise de risque, je ne sais pas ! Je parle de moi mais finalement, je parle de ce que chaque confiné a pu ressentir à un moment donné. Je n’ai pas de problème avec le « je » ni avec le « jeu » d’ailleurs !

 

* Comment écrivez-vous ?

Je bouge beaucoup quand j’écris, surtout la nuit. Une idée me vient, je prends des notes, je laisse poser. J’écoute une chanson – d’où l’idée de la playlist qui est la bande son de « Confinée dans la dentelle » sur Deezer – et quand le moment est propice, je vais de mon bureau à mon lit en traînant mon ordinateur portable dans mon sillage créatif. Et une fois ces courts textes terminés, j’adore les déclamer comme une comédienne de théâtre. Je les passe au crachoir. C’est là qu’ils prennent vie réellement et que je vois si les phrases sont bien balancées.

 

* Un rituel d’auteure ?

J’ai un truc magique avec le chiffre 26. Pour Sœurs, j’ai écrit 26 chapitres pour chaque tome. C’est un chiffre clé pour moi pour de nombreuses raisons. Quand cela est possible, je m’arrange pour que la sortie du livre ait lieu un 26. C’est un chiffre porte-bonheur et un peu magique pour moi.

 

* D’autres projets littéraires en vue ?

J’écris le troisième opus de Sœurs en ce moment même (je suis au chapitre 7), et j’ai envie de continuer sur la voie de l’auto-édition. C’est une grande liberté finalement ! En septembre, je sors mon premier roman graphique jeunesse aux Editions Yucca, « la tête ailleurs » avec mon illustratrice du site Kidimum, Nelly Gurb. Ex-professeure de français, je suis ravie de m’adresser cette fois aux enfants. J’ai hâte de pouvoir faire des lectures dans les écoles et de les emmener en voyage.

 

 

Ô Toulouse

Toulouse, c’est…

Tout simplement : Chez moi …

Un souvenir : Le Lycée Saint-Sernin, mes années d’hypokhâgne, le moment précis de la découverte de la littérature !

Un lieu : Ce n’est certainement pas le plus beau mais j’adore le devant de la préfecture avec les vestiges gallo-romains qui jouxtent la grande fresque d’art urbain. Mes enfants disent que c’est « notre fort », on grimpe sur les rebords, on lit sur les escaliers cabossés !

Une personnalité : Claude Nougaro. Le premier restaurant que j’ai ouvert avec mon mari est sous la grande affiche du chanteur. Certaines de ses chansons me font pleurer à chaudes larmes comme « Tu verras ».

Une balade : Assurément les bords de Garonne, à vélo de préférence…

Un restaurant : Il y en a des tonnes ! Mon dernier avant le confinement alors, « la conserverie des deux cavistes » grande rue Nazareth, des tapas en mode cuisine basse température et du super bon vin dans une ancienne librairie ésotérique !

Une gourmandise / un plat : Les brioches au Nutella de la Pâtisserie Conté ou les pomponnettes de La Bonbonnière.

 

 

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Dédicaces à venir :

Les 6 et 7 juin de 10h à 12h chez Vegetal H20 avec une opération fête des mères. Plus d’infos.

 

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Merci à Eva Kopp pour cet article
et merci à Karine de s’être prêtée au jeu de l’interview Toulouscope
Photo de couverture ©Pierre Béteille