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Cet article est proposé par notre chroniqueuse littéraire Eva Kopp.
© Photo Rémy Gabalda

Bénie soit Sixtine est avant tout l’histoire d’un éveil et d’une émancipation. Entre thriller psychologique et récit d’initiation, ce premier roman décrit l’emprise exercée par une famille d’extrémistes sur une jeune femme vulnérable et la toxicité d’un milieu pétri de convictions rétrogrades. Un magnifique plaidoyer pour la tolérance et la liberté, qui dénonce avec force le dévoiement de la religion par les fondamentalistes.


Bénie soit Sixtine
Écrit par Maylis Adhémar

EAN : 9782260054542
304 pages
Julliard
19€ en broché – 12,99€ en ebook

Sixtine, jeune femme très pieuse, rencontre Pierre-Louis, en qui elle voit un époux idéal, partageant les mêmes valeurs qu’elle. Très vite, ils se marient dans le rite catholique traditionnel et emménagent à Nantes. Mais leur nuit de noces s’est révélée un calvaire, et l’arrivée prochaine d’un héritier, qui devrait être une bénédiction, s’annonce pour elle comme un chemin de croix. Jusqu’à ce qu’un événement tragique la pousse à ouvrir les yeux et à entrevoir une autre vérité.

Un pèlerinage vers l’éveil

Bénie soit Sixtine fait partie de ces romans qui ne laissent pas indemne, qui interrogent et qui vous hantent des semaines après en avoir achevé la lecture…

Les pages se tournent sur une immersion troublante et intime dans les milieux fondamentalistes catholiques d’extrême-droite. Une découverte, en apnée et en psaumes, des rouages insoupçonnés de l’embrigadement religieux.

Bénie soit Sixtine est un roman subtil, tout en nuance qui puise, en partie, son intrigue dans l’histoire personnelle de l’autrice Maylis Adhémar.

Sixtine, une jeune femme très pieuse, voit sa vie toute tracée bouleversée par une tragédie. La plaie est béante, Sixtine pourrait sombrer. Mais par amour pour son enfant, elle décide de partir en quête d’elle-même, de sa vérité intérieure. Elle est prête à déchirer le voile des conditionnements. Un accouchement dans la douleur et non sans peur pour une naissance et une renaissance. Ne dit-on pas que devenir mère est accoucher de deux êtres ?

Sixtine ne perd pas la foi. Elle y trouve le courage de s’émanciper et de s’interroger sur les conditionnements qui ont participé à son identité. Sixtine, funambule fragile et déterminée oscillant entre ses croyances, ses illusions et les monts et vallées de la réalité rugueuse et âpre.

Sixtine observe, essaie de résoudre la part manquante du puzzle de l’héritage familial.

Un roman comme une prière pour l’ouverture d’esprit. La libération de la pensée face à l’endoctrinement religieux.

Une écriture fluide et rythmée. Un premier roman brillant.

 

Extraits du roman « Bénie Soit Sixtine »

« Le surlendemain, de son costume de ville bleu marine, Pierre-Louis sort une boîte, dévoile une bague de fiançailles en or, sertie d’une améthyste. Il déclare vouloir cinq ou six enfants, précise que son entreprise marche du tonnerre, Sixtine peut arrêter là ses études, pas la peine de s’embêter à chercher un travail, elle aura fort à faire avec les héritiers Sue de La Garde. Ils arriveront bientôt et occuperont tout son temps. »

« Dans l’assistance, on est ravi. Et le père Mathias monte en chaire.

— Mes enfants, sur vos épaules repose une lourde tâche, celle d’être des époux catholiques dans un monde païen, celle d’être des parents de nouveaux petits croisés qui devront grandir au milieu de ce peuple renégat. Pierre-Louis et Sixtine, tous les enfants que Dieu vous donnera seront une grâce et une grande bénédiction. Comme disait notre fondateur, le frère André, « en ces temps de décadence et d’apostasie, cela devient même un devoir. »

© Rémy Gabalda

Entretien avec Maylis Adhémar

Maylis Adhémar a grandi dans un petit village du Tarn, au sein d’une fratrie de quatre filles. Après un bac agricole, elle renonce à devenir bûcheronne pour suivre des études d’Histoire. Elle a été professeure de français en Chine, campeuse en Patagonie et stagiaire dans de nombreuses rédactions. Depuis 2010, elle vit à Toulouse où elle travaille en tant que journaliste indépendante. Elle anime également des ateliers d’initiation au journalisme pour les jeunes en territoires ruraux.

Comment est né « Bénie soit Sixtine » ? 

MA : En retrouvant des amies d’enfance ! Je les avais côtoyées adolescente dans un camp scout catholique intégriste et quand je les ai revues dix ans plus tard, j’ai été surprise de voir qu’elles avaient toutes suivi le même chemin. Elles vivaient en vase clos avec cette même vision déformée de la réalité.

Je me suis interrogée : que se passerait-il si l’une d’elles se trouvait en contact avec le reste du Monde ? Le temps d’un trajet en voiture, l’intrigue s’est mise en place de manière fulgurante.

Racontez-nous l’écriture de votre roman…

MA : J’ai toujours écrit. Toute petite, je m’amusais à écrire des histoires, beaucoup d’histoires. Une fois adulte, à 19 ans, j’ai commencé l’écriture d’un roman mais j’ignorais comment le présenter à un éditeur, être éditée me semblait inaccessible, envoyer mon manuscrit c’était comme jeter une bouteille à la mer, j’écrivais surtout pour moi.

Pour Bénie soit Sixtine, j’ai décidé de m’accorder du temps pour écrire : un an d’écriture. C’est mon fils aîné, aujourd’hui âgé de 4 ans, qui m’a donné le courage d’écrire. Je me suis dit que si j’étais capable de faire un bébé, j’étais capable d’écrire un livre !

Des journées et des soirées d’écriture se sont succédées, à Toulouse, au Costa Rica, dans un monastère… J’ai continué en pensant le faire lire, une fois achevé, à mes sœurs et à des amis. Beaucoup m’ont encouragé à le proposer à des éditeurs.

Grand coup de chance, ce manuscrit, je l’ai transmis à un ami illustrateur jeunesse. Grâce à lui, le texte est arrivé jusqu’à Gwenaëlle Dréan, attachée presse chez Julliard… Très enthousiaste, elle m’a proposé de le mettre entre les mains de Vanessa Springora, nouvelle directrice des éditions Julliard. Peu de temps après, j’ai reçu un appel de Vanessa qui m’a dit « on va le faire ! ». C’était juste avant le premier confinement, j’étais enceinte de 8 mois. Le choix du titre a eu lieu alors que j’étais à la maternité.

Un retour de lecteur qui vous a particulièrement touchée ?

MA : De manière générale, il y a beaucoup de retours positifs. Je reçois régulièrement des témoignages de femmes qui se sont reconnues dans le parcours de Sixtine, qui se sont libérées parfois plus tôt, parfois plus tard. Mais il y a une lectrice qui m’a particulièrement touchée. Cette femme de 70 ans m’a dit que Bénie soit Sixtine était « l’histoire de sa vie », elle m’a remercié d’avoir mis des mots sur ce qu’elle avait vécu.

Un prochain roman à venir ?

MA : Oui ! Je suis en train de finir mon deuxième roman. Le sujet est totalement différent et je me régale énormément avec cette nouvelle héroïne…

 

Ô Toulouse

Toulouse c’est : la ville de mes grands amours !
Une émotion : l’immense Minotaure soufflant dans la nuit place Olivier
Un souvenir : un concert de Flavia Coelho au Bikini sans place ni masque
Un lieu : Place du Ravelin, bière et pétanque
Un restaurant : L’Estaminot à Saint-Cyprien, ses livres, ses thés, ses petits plats
Un plat : nan kebab du pont Saint-Pierre à deux heures du matin
Un coup de cœur : l’observatoire de Jolimont et ses étoiles
Une phrase : « Pour nous Alsace et Lorraine, c’était la rue du centre ville « , Zebda.

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Dédicaces à venir

* Sous réserve que les conditions sanitaires soient favorables

– Samedi 29 mai 2021, au 1ersalon du livre de Castelmaurou : Castel en livre
– Jeudi 3 juin à Fleurance, Gers
– Samedi 5 juin, au salon du livre de Villefranche de Lauraguais
– Vendredi 11 juin à Montgiscard

 

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