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Le Conseil général offre cet été les murs du Château de la Réole aux toiles d’un peintre toulousain discret autant que talentueux, Raoul Bergougnan. Né avec le siècle en 1900 et décédé en 1982, il fut un peintre discret, mais aussi un homme discret. Loin des sphères parisiennes, par goût autant que par manque d’affinité, serait-il aujourd’hui heureux de voir une centaine de ses toiles exposées au Château de la Réole, à l’initiative du Conseil général ? Sans doute, car cette exposition est en fait presque une réunion d’intimes, de ceux, qui ont acquis les œuvres du peintre de son vivant et les transmettent de génération en génération au sein d’une même famille. Cette exposition, souhaitée par Pierre Izard, président du Conseil général, sera la plus grande rétrospective consacrée à ce jour à Raoul Bergougnan, dont on n’a pu voir jusqu’alors les toiles réunies qu’à Paris en 1967, aux Augustins à Toulouse en 1973 et en 1982 dans le hall de la Dépêche du Midi.

Peindre à l’aube blême

S’il n’a pas eu la reconnaissance nationale et internationale, qu’il méritait, – on compare parfois sa peinture à celle d’un Vuillard ou d’un Bonnard- c’est sans doute à son caractère, modeste et effacé, que le peintre le doit. Né à Toulouse en 1900, il intègre, à 15 ans, l’Ecole des Beaux-Arts de Toulouse. Pour gagner sa vie, il travaillera ensuite comme photographe aux usines Latécoère ; il en gardera un souci de la construction et de la profondeur de champ que l’on retrouve dans ses paysages et ses natures mortes.

Père à 24 ans – son fils était le célèbre rugbyman Yves Bergougnan -, casanier, il ne quittera pratiquement jamais Toulouse à part un bref voyage en Espagne. Et retranscrira par conséquent sur la toile ce qu’il voit autour de lui : son atelier, les rues de Toulouse qu’il emprunte pour aller travailler…

Homme et peintre réservé, Raoul Bergougnan aura aussi été un remarquable professeur aux Beaux-arts de Toulouse, où il devient maître d’atelier en 1947, puis enseignant. Ses élèves auront pour lui la plus grande admiration et parmi eux Carlos Pradal, Félix Denax, Gui Boyer… En 1937, il décore le pavillon du Languedoc lors de l’exposition internationale à Paris. Et dans les années 50, il réalisera la décoration de la Chambre de Commerce de Toulouse.

Jusqu’au 30 septembre, au Château de la Réole, près de Cadours. Entrée gratuite.

Ouvert les mercredis, samedis et dimanches en juin, de 10h à 18h, tous les jours sauf lundi en juillet-août, de 10h à 19h, samedi et dimanche en septembre, de 10 à 18h