• Extrait du livre de Boris Sécretin, Toits
    Extrait du livre de Boris Sécretin, Toits Illegal Painting - Boris Sécretin

Toits : 12 ans de graffitis à Toulouse réunis dans ce nouvel ouvrage signé Illegal Painting. A découvrir à partir du 16 décembre

Par Lisa Parise le mercredi 14 décembre 2022

Depuis les années 80, le Street Art embellit les rues toulousaines. Ce vendredi 16 décembre, prenez de la hauteur et venez découvrir l'art urbain à Toulouse, version toits. C'est en tout cas ce que vous propose Boris Sécretin, le photographe à l'origine la fondation Illegal Painting.

 

Toits, le livre de photos de Street Art à offrir aux Toulousains pour Noël

Toits, c'est le 6e recueil de photographies prises par Boris Sécretin à Toulouse. Dans chacun de ses ouvrages, il nous invite à découvrir l'art urbain sous toutes ses coutures. Mais, toujours avec un angle défini. En effet, jusqu'à présent, les livres précédents s'intéressaient aux portes, tags, stores, pochoirs.

Depuis plus de 15 ans, ce passionné d'art photographie les rues toulousaines. Il suit des collectifs de graffeurs pour documenter l'évolution du Street Art dans notre ville rose. Surtout, il inscrit dans un art éphémère dans l'Histoire, avec un grand H. Si l'art urbain est par nature éphémère, Boris Sécretin le rend immortel et inoubliable.

 

Extrait du livre de Boris Sécretin, Toits
Extrait du livre de Boris Sécretin, Toits Illegal Painting - Boris Sécretin

 

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Soirée de lancement de ce nouvel ouvrage le vendredi 16 décembre

Ce vendredi 16 décembre 2022, retrouvez Boris Sécretin et son nouveau livre à la LSDC Galerie pour la soirée de lancement. Située 12 rue de Boulbonne, cette galerie d'art, tenue par Navy, est spécialisée dans les artistes émergents. Le photographe vous y accueille de 16 h à 21 h. Vous pourrez y découvrir ses livres ainsi qu'une partie de la collection de la fondation : tableaux, dessins de recherches et artefacts issus d'artistes locaux. Vous pouvez également acheter votre livre en précommande et le retirer sur place, avec une dédicace. Une belle idée de cadeau de Noël !

 

Extrait du livre de Boris Sécretin, rues de Toulouse
Extrait du livre de Boris Sécretin, rues de Toulouse Illegal Painting - Boris Sécretin

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Entretien avec Boris Sécretin

Pour vous, le Toulouscope s'est entretenu avec ce photographe passionné d'art urbain.

Comment est née ta passion pour l'art urbain ?

BS : Je suis arrivé à Toulouse en 2005 pour mes études aux Beaux-Arts. Dès la première année, j'ai rencontré des graffeurs. J'ai commencé à les suivre dans leur pérégrination. J'ai pris goût à observer et à accompagner cette communauté.

À ton avis, pourquoi Toulouse est devenu un terrain d'expression aussi fertile pour le Street Art ?

C'est grâce aux premières générations d'artistes urbains comme la TrusSkool et Tilt. Ils sont partis aux États-Unis et ils ont invité des membres de la communauté graffiti à Toulouse. Ils ont entretenu des liens forts dès le milieu des années 80. Après eux, des générations de peintres se sont succédé. Toulouse est en plus un carrefour d'étudiants et un lieu de croisement. C'est dynamique et c'est à l'opposé géographique de Paris. Je le vois comme le Paris du Sud. C'est moins identitaire que Marseille. Toulouse brasse des communautés très variées.

Ça fait plus de 15 ans que tu documentes l'art urbain. Est-ce que tu pratiques aussi ?

J'aime l'art plastique et j'ai déjà tenu le spray. J'entretiens un détachement par rapport à cette pratique. J'ai développé ce projet en réponse à une sorte d'autodafé vis-à-vis de cette culture. Par soucis de neutralité et de conflit d'intérêt, j'avais intérêt à rester du côté légal de l'art urbain, grâce à la photographie. Avant de m'immerger dans ce milieu, j'ai fait 10 ans d'enregistrement et de mixage auprès de musicien. Je pense que j'aime m'investir dans la pratique artistique des autres.

Tu as créé Illegal Painting dans la même idée de documentation ?

Au début, c'était un blog lancé en 2006. Je voulais diffuser les images prises. Je me suis ensuite retrouvé à collaborer avec une majeure partie des acteurs locaux. J'ai souhaité diversifier le contenu et j'ai fait évoluer le blog en la plateforme qu'elle est aujourd'hui, jusqu'à devenir un projet de fondation. 

 

Extrait du livre de Boris Sécretin, Toits
Extrait du livre de Boris Sécretin, Toits Illegal Painting - Boris Sécretin

 

Qu'est-ce que tu entends par le terme fondation ?

J'entends la structuration de la sauvegarde de la mémoire de l'histoire locale au-delà de mon vivant.

Qu'est-ce que tu peux nous dire sur ton nouveau livre ?

Il fait partie d'une collection qui comportera 10 ouvrages, tous au même format. Les livres correspondent chacun à une thématique, support ou technique, liée aux graffitis à Toulouse. Chacun de ces bouquins représente plus de 10 ans de photographies. Ce dernier livre se concentre sur le support toit, sur lequel les graffeurs peignent.

Comment t'est venue l'idée des toits ?

Pour sélectionner un thème, je dois :

  • avoir une grande quantité d'images cumulées autour d'un même sujet ;

  • m'assurer de la qualité de ce thème relatif à la pratique en question et au regard des acteurs du milieu. 

C'est comme ça que j'ai fait un livre sur les pochoirs, bien que cette méthode ne soit pas plébiscitée par la communauté de graffeurs. Les toits, par contre, sont un support respecté : peindre sur un toit implique des risques. De plus, les œuvres restent plus longtemps que celles peintes à hauteur d'homme.

Est-ce que tu as des conseils pour les artistes qui voudraient se lancer dans l'art urbain ?

Le dessin est une pratique incontournable. N'étant pas graffeur moi-même, je recommande de participer à des ateliers d'initiation au Street Art. Notre fondation en propose pour les groupes. Pour mieux connaître cette culture, son histoire locale, son lexique et les enjeux relatifs à cette discipline, je réalise également des visites en centre-ville. Il est également important de connaître les notions de respect : on ne repasse personne. Il existe des supports faciles pour commencer : les terrains d'expression libre à Toulouse ou les espaces en friche.

Comment tu imagines l'évolution du Street Art ces prochaines années à Toulouse ?

À chaque génération, nous sommes surpris de voir de nouveaux styles se développer. Le Street Art et le graffiti sont annoncés comme morts depuis plusieurs années par de nombreuses personnes, surtout depuis la politique de nettoyage systématique mise en place par la mairie de Toulouse. Le graffiti n'est pas mort, les nouvelles générations utilisent de nouvelles techniques. La dernière s'est mise à réaliser beaucoup de toits grâce à la descente en rappel, empruntée à l'escalade. Cette technique est très utilisée en Allemagne. On a aussi de nouveaux espaces de plus en plus investis en périphérie du centre-ville. Le cœur de Toulouse lui reçoit plus de stickers et de petits tags. Difficile de prédire à quoi ressemblera le Street Art demain, mais j'inscris les débuts du graffiti au Néolithique. Donc, ça m'étonnerait que ça s'arrête.

Est-ce qu'il y a une œuvre de Street Art que tu voudrais recommander aux lecteurs du Toulouscope ?

Je les invite à aller se balader au port du parc technologique de Ramonville qui est un espace régulièrement recouvert de nouvelles peintures. On y retrouve une vingtaine de murs, tous peints. Proche de Toulouse, le long du Canal du Midi, c'est un espace familial idéal pour découvrir l'art urbain. Le terrain de l'Arsenal, qui borde l'université, est un espace d'expérimentation avec une ambiance très américaine. Il y a toujours de nouvelles peintures à découvrir !

Un dernier mot pour les lecteurs ?

Un grand merci au Toulouscope et aux Toulousains de respecter et apprécier cette discipline. Je les invite à me retrouver sur mon site Illegal Painting pour apprendre à développer leur regard dans les rues de Toulouse.

Aperçu de la collection de recueil photos de Boris Secrétin
Aperçu de la collection de recueil photos de Boris Secrétin Illegal Painting - Boris Sécretin