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Dictatures et secrets de famille : sous le joug de la trilogie de Céline Servat

Par Eva Kopp le mardi 27 septembre 2022

Quand son père lui annonce qu'il part étudier en Argentine, Gustave, dix-sept ans, pense partir en voyage linguistique. En réalité, le jeune lycéen intègre malgré lui l’internat d’une école privée très particulière, gouvernée de main de fer par le colonel Perez, militaire retors dont les enseignements ne semblent connaître ni lois ni limites. Pour Gustave et ses camarades, totalement coupés du monde extérieur,  le cauchemar commence… Pour se reconstruire, il devra lever le voile sur le mystère de ses origines. Une quête qui le mènera en URSS et en Espagne.

Internato, Norillag et Alambre

Écrits par Céline Servat

M+ Editions

 

Deux thrillers et un roman noir pour une plongée vertigineuse à travers  l'histoire

Vous pensiez avoir tout lu sur l'histoire et les dictatures ? Détrompez-vous, et préparez-vous à un voyage éprouvant et passionnant en URSS, en Argentine et en Espagne. Si l'intrigue a pris naissance dans l'imagination de Céline Servat, elle a puisé ses racines dans l'histoire. Le travail de documentation est phénoménal. L'adage dit que "regarder en arrière, c'est utiliser un miroir déformant". Pourtant par son imagination, Céline Servat parvient à nous amener au plus près de cette vérité aux multiples facettes. Une vérité qui risque de vous surprendre et qui ne correspond pas en tous points à ce que les livres d'école nous ont transmis. L'auteure dépoussière l'histoire avec sensibilité et émotion. Est-ce lié à son métier d'assistante sociale ou à sa personnalité ? Par sa plume, elle nous fait nous attacher et nous inquiéter à ceux qui cherchent à assembler le puzzle de leur histoire pour survivre. Ces personnages complexes sont abordés avec justesse dans leur part d'ombre, de lumière et de par les fantômes qui hantent leur histoire. Qu'il est difficile de lire la dernière page et de quitter Gustave et Nada après avoir tant partagé et appris avec eux...  

Rencontre avec Céline Servat

Céline Servat vit dans les Pyrénées Haute-Garonnaises où elle travaille comme assistante sociale.
@Claudia Correia Comment est née la trilogie Internato-Norillag-Alambre J'écrivais déjà des nouvelles. L'idée d'un pensionnat en Argentine ou l'on forme les dictateurs de demain est née au fur et à mesure de mes lectures sur le sort réservé aux nazis et tortionnaires de tout poil à leur arrivée en Argentine. Ils étaient accueillis comme des héros et ce constat m'a bouleversée et mise en colère. J'ai donc souhaité faire connaitre cette horreur de l'histoire.   Pensiez-vous en écrivant les premières lignes d’Internato que ce roman serait le premier tome d’une trilogie ? Je l'ai su assez rapidement. Mon souhait était de réaliser une trilogie sur les dictatures et les secrets de famille. J'avais donc défini l'Argentine la Russie et l'Espagne comme lieux pour chaque tome.   L'Institut Perón est effrayant sur bien des points. Avez-vous été en internat quand vous étiez enfant ? Rassurez-nous... Je n'ai jamais été en internat, pas même en colonie mais, en tant qu'assistante sociale, je travaille dans un institut qui accueille des enfants en internat. Je vous rassure, le nôtre n'a absolument rien à voir avec l'Institut Perón!   Avez-vous des points communs avec le héros Gustave ? Vous êtes vous inspirée d’une jeune homme réel ? Je n'ai pas vraiment de points communs avec lui, mis à part le même sens de l'injustice et le fait de ne pas trop savoir comment se situer dans un groupe : je ne suis pas un leader et je n'ai jamais eu cette place. Il a fallu que je l'accepte comme lui l'a accepté. Je me suis inspirée d'adolescents de mon entourage, de mon fils et de ses amis au tout départ, mais plutôt sur des réactions ou des phrases que sur le caractère. Gustave s'est affirmé, au fur et à mesure que je le créais, comme un personnage singulier.   Les trois tomes sont des romans sont basés sur de faits historiques extrêmement documentés, comment avez-vous fait ce travail de recherche ? Pour le premier, les recherches ont été plus courtes car j'avais déjà beaucoup lu sur ce sujet en amont. C'est ce qui m'avait donné l'idée de l'histoire. Pour Norillag, j ai passé 4 mois à lire sur la Russie à l'époque stalinienne et j'ai fini par 3h de reportage sur les camps des goulags. Quand j'ai vu que je n'avais rien appris, je me suis sentie prête. Je pensais que le troisième serait moins ardu à travailler mais cela a été le contraire. L'histoire de la guerre d'Espagne est très dense et complexe. J'ai dû déconstruire pas mal de mes idées préconçues. Heureusement, mon frère m'a beaucoup guidée dans mes recherches.   Vous avez des origines espagnoles… Clore cette trilogie autour des dictatures avec Alambre qui aborde la guerre d’Espagne et le franquisme a un sens particulier pour vous ? Ma famille paternelle est très attachée à ses origines et à l'histoire de la guerre. Mon grand-père en a subi les conséquences puisque lui aussi a dû quitter son village, le même que celui d'Esteban dans le livre, pour combattre et s'en sortir. Je pense que cela a été bien accueilli surtout que mon frère reprend déjà des chansons de lutte autour de l'Espagne avec son groupe, El Comunero. C'est une culture qui nous est chère.  
  Un roman à venir ? Des projets créatifs ? Une adaptation peut-être de la trilogie ? Un recueil de nouvelles sous format poche va sortir au mois de janvier. Je l'ai  co-écrit avec mon frère. Il s'appellera Une plongée dans le noir. Je suis aussi en train d'écrire un polar qui se passera dans le Comminges. Parce que les femmes aussi savent écrire de bons polars, je fais partie de la meute #leslouvesdupolar. Une opération est prévue prochainement en librairie. Suivez-nous !  
Illustration Kristel Riethmuller
Illustration Kristel Riethmuller
Kristel Riethmuller

Dédicaces 

  • Samedi 15 octobre, 10h-18 rencontre de 8 auteurs à Cultura Balma
  • Samedi 19 novembre, 10h-17h, dédicace avec Guillaume Coquery à la Librairie Lacoste à Mont de Marsan
  •  Samedi 22 janvier, Salon du livre d’hiver à Montgiscard
Toulouse_Toulouscope
Toulouse_Toulouscope
Ô Toulouse Toulouse, c’est… Une émotion : Je suis supportrice du TFC du Stade Toulousain donc j'ai eu beaucoup d'émotions avec ces deux clubs Un souvenir : Mes années de fac avec mes copines, quand on arpentait la rue Saint-Rome ou Alsace lorraine. Un lieu : Depuis toujours, j'adore poser mes pieds sur mon signe astrologique - scorpion - au milieu de la place du Capitole, et regarder autour de moi. Une personnalité : Nougaro, indubitablement. Je ne suis pas originale mais j'étais admirative de ce grand monsieur. Je devais aller le voir en concert et cela n'a pas pu se faire au dernier moment, je le regrette encore. Il est décédé quelques jours avant mon grand-père. Quand j'ai entendu l'annonce de sa mort, je me suis dit si Nougaro est mort mon grand-père va mourir aussi car cela veut dire que la mort de grands hommes est possible. Le recueil de nouvelles que j'ai co-écrit avec Guillaume Coquerie s'appelle Au-delà de nos oripeaux, en hommage à Claude et à sa chanson Armstrong qui prône l'ouverture et l'humanisme. Une balade : Le jardin japonais, à Compans. Bulle de verdure en pleine ville. Un restaurant : J'aimerai beaucoup aller manger au Restaurant sans nom, pas loin du Capitole, ou au Mas de Dardagna, à Rangueil, pas loin de chez mon fils. Ce sont mes prochains projets sur Toulouse ! Un bar : Quand j'étais étudiante, j'allais dans un café rue de la Colombette où un homme chantait, accompagné d'un synthétiseur. Ils nous distribuait un carnet avec les paroles. Nous devions y choisir la chanson que nous voulions entendre. C'était l'ancêtre du karaoké mais j'ai eu de tellement bons souvenirs dans ce lieu ! Un coup de coeur : L'histoire espagnole ancrée dans cette ville qui a accueilli les réfugiés et leur a donné une place particulière. Une phrase : Qui ne saute pas n'est pas Toulousain... évidemment !  
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